Les deux nageurs comoriens qui ont pris part à ces championnats du monde repartent de Budapest plein d'espoir. Même si les médailles ne sont pas au bout du chemin, le chemin est encore très long pour atteindre les chronos des meilleurs du monde. En fin de carrière en tant qu'athlète, Barouf Ali a fini dernier de sa série de qualification avec un temps de 32s52, dans une série remportée par le Mongole Batbayar Enkhtamir en 24s42 suivi du tanzanien Mhini Dennis qui a effectué la distance en 25s44. Reconverti depuis peu en entraîneur, Barouf peut désormais se concentrer à mettre son expérience au service des jeunes qui commencent, nombreux à se présenter à la piscine de l'hôtel Le Cœlacanthe où la fédération a élu domicile pour les entraînements de ses nageurs. Des locaux loués par le Comité Olympique pour la fédération de natation, eu égard du peu de moyen dont elle possède. La faîtière a aussi mis la main à la poche pour faciliter le voyage de la délégation jusqu'à Budapest.
Même sort pour la jeune Maesha Saandi qui est arrivée dernière de sa série, loin derrière les 27s81 de Fuller Olivia la nageuse venue d'Antigua ou de la Kosovar Beiqi Hana avec 28s03. Elle n'a pas démérité pour autant vu son âge (15 ans) et la marge de progression qui lui reste à prendre. Avec 35s26, son temps de référence lors de ces mondiaux, Maesha peut trouver un motif de satisfaction dans la mesure où elle établi un nouveau record national chez les dames. Pour sa première sortie, c'est une énorme performance qu'elle vient d'établir. Un chrono qui a ravit le vice-président de la fédération Halifa Mlamali qui est allé puiser dans ses archives pour confirmer cette nouvelle marque en tant que record national. Les précédents temps de référence étaient détenus par Nazlati Mohamed lors des mondiaux de Barcelone en 2013 avec 38s45, avant d'améliorer sa propre marque en Russie toujours en grand bassin avec 37s64 en 2015.
En 2014 au Qatar, cette fois en petit bassin la nageuse avait établi un chrono de 35s63.
Lors des derniers jeux des îles de l'océan indien à Maurice (2019), Toussanti Hassani avait parcouru la distance en 56s55. Au regard de ces chiffres on voit à quel point ce nouveau record doit être salué à sa juste valeur. Cette performance n'a été possible que grâce à l'abnégation de la jeune nageuse qui a passé des centaines d'heures à s'entraîner au côté de son entraineure de mère, madame Bérengère Bardin.
Pour ces mondiaux de Budapest, la jeune nageuse a eu un appui considérable de la part de l'UNFPA, qui a pris en charge ses frais de déplacement. Une précision essentielle quand on sait à quel point il est très difficile pour certaines fédérations de boucler les budgets de déplacement. Des difficultés qui s'apparentent souvent à un parcours du combattant.
AS Badraoui LGDC